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Propriétaires : ce que nous faisons vraiment

L'essentiel

Vérifier Mon Loyer n'est pas un cabinet d'avocats et ne mène aucune chasse aux bailleurs. Nous chiffrons le trop-perçu d'un locataire d'après l'arrêté préfectoral, puis nous proposons un protocole amiable qui éteint le litige. Un propriétaire en dépassement risque une mise en demeure, la restitution sur 3 ans maximum et une amende jusqu'à 5 000 euros par logement.

Qui nous sommes, et qui nous ne sommes pas

Vérifier Mon Loyer agit sur mandat de locataires. Notre métier : comparer un loyer au plafond fixé par arrêté préfectoral, puis obtenir la restitution du trop-perçu quand il existe. Nous ne sommes pas un cabinet d'avocats. Notre activité de recouvrement amiable de créances est déclarée auprès du procureur de la République (articles R124-1 et suivants du Code des procédures civiles d'exécution). Des avocats partenaires indépendants prennent le relais si un dossier devient contentieux.

Cette page s'adresse à vous, propriétaire bailleur. Vous avez peut-être reçu l'un de nos courriers. Vous voulez peut-être simplement savoir si votre loyer est conforme. Dans les deux cas, voici ce que nous faisons, ce que dit la loi, et comment sortir d'un dépassement proprement.

Ce que nous faisons quand un locataire nous mandate

Le point de départ est un calcul, pas une accusation. L'article 140 de la loi ELAN plafonne le loyer de base au loyer de référence majoré : la référence fixée par le préfet, plus 20 %. Nous reprenons le bail, la surface, la date de signature et la grille applicable ce jour-là. Si le loyer dépasse le plafond, nous chiffrons l'écart mois par mois, pièces à l'appui.

Prenons un T3 de 58 m² rue de Paris, à Montreuil, loué 1 450 euros hors charges. Imaginons que la grille applicable donne un plafond de 1 280 euros. Le dépassement est de 170 euros par mois, soit 6 120 euros sur 36 mois. C'est ce chiffre, documenté, que le bailleur reçoit dans notre courrier de mise en demeure. Pas de menace vague : un calcul, des pièces, une proposition de règlement amiable.

Ces situations sont banales. Selon le baromètre 2026 de la CLCV, 36 % des annonces dépassent le plafond à Paris et en Seine-Saint-Denis, et 41 % pour les meublés. Le même baromètre relève 38 % de non-conformité quand le propriétaire gère seul, contre 16 % via un professionnel. Autrement dit : la plupart des dépassements ne sont pas des fraudes, mais des erreurs de grille, d'indexation ou de complément de loyer.

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Ce que vous risquez réellement en cas de dépassement

La restitution du trop-perçu, jusqu'à 3 ans en arrière

Le locataire peut réclamer les sommes versées au-delà du plafond pendant 3 ans (article 7-1 de la loi du 6 juillet 1989). Son départ du logement n'éteint pas la créance : un ancien locataire peut encore agir. Le montant se calcule mois par mois, sans plafond légal de restitution.

L'amende administrative, qui s'ajoute au dossier

Après signalement, l'autorité compétente peut vous mettre en demeure de régulariser le bail et de rembourser sous 2 mois. Sans régularisation, l'amende peut atteindre 5 000 euros pour une personne physique et 15 000 euros pour une personne morale, par logement. À Paris, la Ville de Paris instruit les signalements via son téléservice. Précision honnête : cette amende ne rembourse pas le locataire. Elle ne remplace pas la restitution, elle s'y ajoute.

Le juge, qui rend la restitution exécutoire

Au contentieux, le juge des contentieux de la protection peut ordonner la mise en conformité du bail et la restitution. Le tribunal judiciaire de Paris a ordonné 12 141,20 euros de restitution le 21 août 2025, puis 3 809,98 euros le 10 avril 2026. Dans cette seconde affaire, les arguments du bailleur (travaux, cuisine équipée, vue) ont été écartés, car communs aux logements du secteur.

Pourquoi l'accord amiable protège aussi le bailleur

Notre priorité est le règlement amiable, et ce n'est pas une posture. Un protocole transactionnel (articles 2044 et suivants du Code civil) met fin au litige : une fois signé et exécuté, le locataire ne peut plus rien réclamer sur la période couverte. Vous soldez le passé pour un montant connu, sans audience. Et un bail régularisé n'expose plus au signalement qui déclenche l'amende.

L'alternative, c'est l'attente. Or chaque mois de loyer au-dessus du plafond crée un mois de créance supplémentaire. Notre conseil : ne laissez pas un écart de 170 euros devenir une dette de 6 000 euros.

Soyons complets : un locataire peut aussi agir seul et gratuitement (signalement, commission de conciliation). Nous l'écrivons sur tout le site. Notre valeur, quand il nous mandate, est l'exécution : calcul opposable, dossier complet, interlocuteur unique. Pour vous aussi, c'est plus simple : vous négociez sur des chiffres vérifiables, pas sur des impressions. Le fonctionnement détaillé du dispositif, côté locataire comme côté bailleur, est dans notre guide de l'encadrement des loyers.

Vous mettre en conformité en quatre vérifications

  1. Le plafond. Le loyer de référence majoré dépend du quartier, du nombre de pièces, de l'époque de construction et du type de location. La mécanique est expliquée dans notre article sur le calcul du loyer de référence. Pour le chiffre exact, testez l'adresse de votre logement dans le simulateur : il est gratuit et sert autant aux bailleurs qu'aux locataires.
  2. Les mentions du bail. Le contrat doit indiquer le loyer de référence, le loyer de référence majoré et, le cas échéant, le complément de loyer avec les caractéristiques qui le justifient.
  3. Le complément de loyer. Il suppose des caractéristiques exceptionnelles de localisation ou de confort, non prises en compte dans la référence. La loi 3DS l'exclut, sur les baux signés depuis le 24 août 2022, notamment en cas de DPE F ou G, de signes d'humidité ou de vis-à-vis à moins de 10 mètres.
  4. Le dialogue. Si un locataire vous a écrit, répondez et demandez le détail du calcul. Si le courrier vient de nous, notre équipe vous transmet les pièces du dossier : arrêté applicable, surface retenue, calcul mois par mois.

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L'échéance du 24 novembre 2026 ne solde pas le passé

L'expérimentation court, en l'état du droit, jusqu'au 24 novembre 2026. Une prolongation de deux ans est en discussion : la proposition de loi Echaniz a été votée par l'Assemblée nationale le 11 décembre 2025 et doit passer au Sénat à la rentrée 2026. Rien n'est acquis, dans un sens comme dans l'autre.

Pour un bailleur, le raisonnement tient en deux lignes. Même si le dispositif s'éteignait, les trop-perçus nés sous son empire resteraient réclamables pendant 3 ans : un dépassement de 2026 peut donner lieu à une demande jusqu'en 2029. Se mettre en conformité maintenant est le seul scénario sans mauvaise surprise.

Questions fréquentes

Vos questions, nos réponses

J'ai reçu une mise en demeure de Vérifier Mon Loyer : est-ce sérieux ?
Oui. Ce courrier s'inscrit dans un mandat de recouvrement amiable, une activité déclarée auprès du procureur de la République (articles R124-1 et suivants du Code des procédures civiles d'exécution). Il détaille le fondement de la créance et son calcul. Vous pouvez tout vérifier : arrêté applicable à la date de signature du bail, surface, loyer de base. En cas de désaccord sur un chiffre, répondez avec vos pièces : un calcul se discute sur des faits.
Que se passe-t-il si je ne réponds pas à une demande de restitution ?
Le dossier suit une escalade prévisible. Le locataire peut signaler la situation à l'autorité compétente (Ville de Paris à Paris, préfet ailleurs), saisir la commission départementale de conciliation, puis le juge des contentieux de la protection. Chaque étape est gratuite pour lui. Le juge peut alors ordonner la mise en conformité du bail et la restitution, comme le tribunal judiciaire de Paris l'a fait en 2025 et 2026. Le silence ne ferme pas le dossier, il le judiciarise.
Mon locataire est parti : peut-il encore réclamer un trop-perçu ?
Oui. La créance survit au départ du locataire. L'article 7-1 de la loi du 6 juillet 1989 fixe la prescription à 3 ans : un ancien occupant peut réclamer les sommes versées au-delà du plafond dans cette limite, calculées mois par mois sur 36 mois au maximum. Une restitution volontaire, formalisée par écrit, reste possible à tout moment et évite le juge.
Puis-je fixer un loyer au-dessus du plafond grâce à un complément de loyer ?
Seulement dans un cas précis : le loyer de base atteint déjà le loyer de référence majoré et le logement présente des caractéristiques de localisation ou de confort exceptionnelles, non prises en compte dans la référence. Pour les baux signés depuis le 24 août 2022, la loi 3DS l'interdit notamment en cas de DPE F ou G, de signes d'humidité ou de vis-à-vis à moins de 10 mètres. Le locataire peut contester un complément devant la commission départementale de conciliation dans les 3 mois de la signature du bail.
Comment savoir si mon logement est soumis à l'encadrement des loyers ?
Le dispositif couvre environ 70 communes : Paris, Lille-Hellemmes-Lomme, Lyon et Villeurbanne, Montpellier, Bordeaux, 18 communes de Seine-Saint-Denis (Plaine Commune et Est Ensemble), 24 communes du Pays Basque et 21 communes de la métropole grenobloise, parfois par secteurs. Marseille, Rennes, Nantes et Toulouse ne sont pas couvertes. La vérification se fait à l'adresse, avec la date de signature du bail : c'est ce que fait notre simulateur, gratuitement.
L'encadrement des loyers va-t-il disparaître après le 24 novembre 2026 ?
Personne ne peut l'affirmer aujourd'hui. L'expérimentation prend fin le 24 novembre 2026 en l'état du droit. Une proposition de loi prolongeant le dispositif de deux ans a été votée par l'Assemblée nationale le 11 décembre 2025 ; le Sénat doit l'examiner à la rentrée 2026. Une seule certitude en attendant : les trop-perçus déjà nés se réclament pendant 3 ans, même si le dispositif s'éteint. Le sort du loyer des baux en cours après l'échéance, lui, n'a encore été tranché par aucun tribunal.

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